jeudi 28 janvier 2010

Bogue dans l'écosystème

Depuis le début de l'hiver, j'ai recommencé à prendre l'autobus pour aller au travail. Je devenais de plus en plus tendue et agressive par mes voyages en voiture, matin et soir. Avoir attendu encore deux semaines avant de recommencer à prendre l'autobus, j'aurais sans aucun doute pu figurer aux nouvelles de 18 h, dans un cas de rage au volant.

J'en veux pour preuve la fois où j'ai klaxonné et gesticulé outrageusement (et envoyé un "Eille, claire-toi d'in jambes, au moins", la vitre baissée) envers un gars qui venait d'avoir un accrochage, parce que le pauvre s'était garé dans la voie où je circulais et qu'il se tenait bêtement debout dans l'autre voie, à deux mètres de son char, afin de constater les dégâts à sa voiture (bloquant ainsi les deux voies, vous l'aurez compris). Il faut dire que "le pauvre" en question était un sacrament de crosseur qui n'arrêtait pas de couper le monde par la droite pour avancer plus vite dans l'espèce de tapon qui tenait lieu de route à deux voies dans laquelle on roulait à 7km/heure... C'est pas drôle, ça m'enrage juste d'en parler!

Bref, je prend maintenant l'autobus. Un endroit zen, toujours chaud, où tout le monde dort, ou lit, ou écoute de la musique dans ses écouteurs. Un endroit où j'ai toujours une place assise (la 32 et la 132 pour la Rive-Sud, ça n'a rien à voir avec la 80 sur du Parc, mettons, côté quantité de monde). Un endroit où il fait bon, à partir de notre voie réservée, voir la file de voitures qui attendent leur tour pour embarquer sur le Pont Champlain et se dire que, beau temps mauvais temps, nous, on arrive pas mal toujours à la même heure... Awww, l'autobus...

Et bien hier, dans ce bon vieil autobus, j'ai eu la chance et le bonheur d'être assise juste en avant de la fille qui parle le plus fort au monde. Le plus fort au monde entier. Dans toute la galaxie. Dans l'univers intersidéral. C'est pas mêlant, je ne m'entendais plus penser. Elle était assise tout au fond de l'autobus, et lorsqu'on a débarqué par la porte d'en avant, on entendais encore distinctement tout ce qu'elle disait.

Alors on a beaucoup appris sur Haïti, la console Wii, le fait qu'elle n'avait pas eu le temps de prendre ses pauses, qu'elle dîne à 11 h 30, sur sa grand-mère atteinte d'Alzheimer qui se fâche quand on lui rappelle pour la troisième fois qu'elle doit aller se laver. Moi avec je me fâcherais si on me parlait aussi fort!!! Câline!!! Steph et moi (on était ensemble), on a même décidé d'un commun accord de ne pas se parler pendant le voyage. C'était peine perdue, elle parlait trop fort et il fallait nous-mêmes trop hausser la voie pour s'entendre.

N'empêche, c'est drôle pareil les gens qui n'ont aucune retenue comme ça. Et en plus elle parlait avec une petite madame qui avait, elle, une toute petite voix... Peut-être qu'elle était gênée par son interlocutrice...

Bref, j'espère que mon havre de paix n'est pas contaminé pour toujours. Car je dois dire que, dans la 32 et la 132, on voit pas mal toujours le même monde... Je vous en reparlerai! C'est tout un écosystème!

4 commentaires:

Anonyme a dit…

HAHAHAHA, LOL LOL LOL, de la part d,une utilisatrice du transport en commun depuis 20 ans. On en voit de toutes les couleurs. Sans compter les tatas qui prennent 2-3 places avec leurs affaires et qui font semblant de ne pas voir que du monde arrive pour être certain d'avoir à tenir leurs choses juste si vraiment vraiment vraiment y'a plus aucune autre place dans l'autobus. Me semble que quand je paie, c'est pour 1 titre de transport et pas 3. Si ces gens payaient pour le nombre de places qu'ils prennent, j'en n'aurais pas de problème.
hi hi hi
Marie-Josée xxx

Fel-X a dit…

Tiens Chantale, ton histoire me fait penser à mon voyage jusqu'à chez-toi à la St-Jean passé avec la conasse qui était bien entendu assise drette à côté de moi et qui en plus de parler à je sais pas qui à propos de son père qui la comprenait pas (elle avait genre 17 ans), s'est soudainement mise à écouter du hip-hop sur son téléphone comme si c'était un boom box.

Ah, joie, bonheur, prospérité...

Christine a dit…

Peut-être que la petite madame qui l'accompagnait souffrait de surdité!

Je suis vraiment contente d'habiter ET de travailler SUR l'Île ET d'avoir ma minivan!!!

(Sauf peut-être quand il fait -30 et que les portes sont gelées, mais c'est moins pire que d'attendre au coin de la rue, surtout avec trois marmots!)

XXX

Claude a dit…

J'ai une impression de déjà-vécu tellement forte, là !

Moi aussi ça m'enrage les cons qui conduisent comme s'ils étaient seuls sur la route, sans tenir compte des conséquences. Ça m'enrage d'autant plus que je me suis fait ramasser par un de ces chauffards étant adolescent et que j'ai failli ne plus être capable de marcher normalement après avoir passé 6 mois dans le plâtre.

Mais j'aime bénéficier de l'autonomie que me procure ma voiture, parce que j'habite à Quéééébec et qu'à Quéééébec, c'est pas vargeux côté transport en commun. C'est même pire ! Ici, les bus de ville se foutent de faire leur stop au coin des rues, roulent à 70 km/h dans des zones scolaires à la sortie des classes, et j'en passe (les bus scolaires ne sont pas mieux !). C'est dément ! Et que dire du reste...

Mais voilà : je serai OBLIGÉ de prendre le bus maintenant. Obligé, oui, parce que mon criiiiiisse de médecin stupide m'a dénoncé à la SAAQ pour narcolepsie, même si aucun examen de spécialiste n'est là pour le confirmer. La SAAQ a suspendu mon permis de conduire pour cette raison, sans autre procès.

Donc, un conseil, UN BON CONSEIL : faites attention à ce que vous dites à votre médecin... Cela pourrait être retenu contre vous.

Et dire que j'en fais presque une maladie d'oublier de mettre mon clignotant pour changer de voie tandis qu'un bus de ville m'arrive à 110 km/h par l'arrière dans une zone de 70... Quelle ironie !