mercredi 25 juin 2008

L’anniversaire de la vie

Tu ne pensais pas que je t'avais oubliée. Certainement pas. Tu me trottes dans la tête tous les jours. Tu me fais des coucous, au hasard des chemins. Ici, un enfant qui fait des bulles. Là, une boîte aux lettres couverte de coccinelles. Et chaque fois, je te dis : « Tiens, salut! Ça va ma belle? ».

Le tonnerre qui gronde et la pluie qui tombe à pleines cordes sont comme tes éclats de rire cristallins. Tu fais peur à Jakkar, ma coquine. Toi qui commençais à peine à ne plus le craindre...

Un an a passé depuis ton départ. Je vais bien. J'ai souvent l'impression que tu es là, sans blague. Ça me fait peut-être simplement du bien de le penser.

La vie a tellement changé en un an. Je me suis accrochée un parachute dans le dos, et j'ai sauté. Le vide est effrayant, mais combien c'est stimulant de se laisser porter par les courants d'air...

J'ai souvent ta chanson dans la tête. La chanson de Luc, en fait... Je vais te confier un secret : pour une raison que j'ignore encore, les paroles se sont glissées entre mes feuilles de donjon. À chaque fois que je joue, au tout début de la partie, lorsque je regarde mon personnage, je fais un saut. J'oublie qu'elles sont là, d'une fois à l'autre. Et j'ai une petite pensée pour toi à ce moment là précis... Quand je ferme les yeux...

J'ai finalement réussi, après plusieurs mois, à t'enlever de mes contacts de MSN. C'était comme trop de voir tout le temps ce « Faut c'qui faut, alors... God save the Queen »... Ça te rendait trop vivante, tu comprends? Comme si t'allais poper d'une seconde à l'autre pour me faire un coucou. D'ailleurs, je me sers de MSN à peu près seulement pour le boulot, maintenant. Un petit coucou à Mat, Sandra ou Clau une fois de temps en temps, sans plus. T'étais ma pote de MSN. Hehehe...

T’étais tellement plus, aussi…

J'ai pas envie de t'oublier. J'ai pas envie de dire : « Bon là, ça fait un an, alors c'est assez, on passe à un autre appel ». J'ai juste envie d'arrêter d'avoir de la peine quand je pense à toi. Je ne veux plus pleurer. Ça s'en vient.

J'ai envie d'arrêter d'être choquée par l'injustice de ta mort trop rapide. Ça, c'est plus difficile.

J'ai envie de croire que mon frérot va mieux. Et ça, je le crois. Il va bien, ton Luc. Te rencontrer l'a transformé. Et, bien que ta musique ait été magnifique, j'ai plaisir à penser qu'une de tes plus grandes œuvres aura été de sortir mon frérot de sa tour. Il est là, encore tout près des murs, s'occupant de son jardin, cueillant les fruits de sa détermination dans la petite forêt entourant cette sombre demeure... Mais il reste à l'extérieur de la pierre, s'éloignant de plus en plus de sa geôle. Et cette joie de vivre qu'il cherche, c'est ton souffle qui en a fait germer la graine.

Les derniers mots que tu m'as dits, accotée dans le cadre de porte de ma chambre, étaient : « Passe un belle fin de semaine toute seule en camping, ma belle. Je t'aime. » Pour être franche, je ne me rappelle plus si tu m'a vraiment dit je t'aime... Mais c'est ça qui va rester dans mon souvenir. Bon. Si tu ne l'as pas dit, tu le pensais. Je le sais. :-)

Alors voilà. La vie continue. Tu te rappelle, quand on a fêté ta nouvelle vie? La fête des décisions déchirantes qui changent le cours d'une vie. C'était rendu ça, notre façon de voir les choses. Il fallait prendre les décisions qui allaient influencer positivement la suite. Et bien voilà : je décrète que le 25 juin sera dorénavant la journée des mises au point de vie. La journée des discussions avec les personnes chères, des décisions, des prises de conscience. Le 25 juin, ce sera l’anniversaire de la vie. Ok, beauté? T’es d’accord avec ça?

Tu continues à m’envoyer des orages de temps en temps, d’ac? J’ai une super belle galerie maintenant sur laquelle je peux m’asseoir pour les admirer, avec mon amoureux. De mon côté, je te promet d’essayer d’arrêter de pleurer, de boire plus d’eau et de vivre le plus longtemps possible, heureuse.

Et puis reste pas trop loin, des fois que je me mettrais encore les pieds dans les plats. Regarde à l’horizon pour moi, stp, ok? Moi, je vais essayer de me concentrer sur le présent et de faire le plus possible avec ce que j’ai. Et j’ai beaucoup, je ne risque pas de m’ennuyer.

Tourlou, ma beauté.

jeudi 19 juin 2008

Impuissance

J'ai envie de pleurer tellement c'est triste. Et en même temps, j'ai l'impression de comprendre pourquoi il le fait... L'impact est énorme. Les gens sont touchés, choqués, au-delà de ce que toute publicité par les voies normales aurait pu faire...

De quoi je parle? Un artiste du Costa Rica, Guillermo Habacuc Vargas, en a marre de tous ces chiens qui meurent de faim dans les rues. Il trouve anormal que personne ne s'occupe de ces pauvres bêtes décharnées, victimes de surpopulation, malades... Que personne ne mette en place de programme de castration, quitte à faire euthanasier ces pauvres bêtes qui souffrent inutilement... Et le moyen qu'il a trouvé pour conscientiser les gens au problème : il a attaché, dans le coin d'une galerie, un pauvre chien... Sans coussin, sans eau, sans nourriture... Il le laisse mourir de faim, exposé, devant les yeux des visiteurs du musée...

J'ai vu des photos.

C'est horrible.

Et au-delà de la problématique de ces animaux qui meurent, on ne peut que penser à ces enfants, qui meurent aussi, dans d'autres lieux, d'autres pays, si loins... Sans être attachés, ils meurent également de faim sous nos regards blasés de téléspectateurs...

Une pétition circule actuellement pour que l'artiste ne répète pas son exposition cette année. Honnêtement, je ne sais pas si je vais la signer. Son initiative est venue me chercher plus que tout ce que j'ai pu voir jusqu'à maintenant. Je vous donne le lien. Coeurs sensibles s'abstenir, vous êtes avertis : http://guillermohabacucvargas.blogspot.com/

Je me sens si impuissante. Face aux animaux, face aux enfants. Est-ce que j'ai vraiment le pouvoir de changer quoi que ce soit? Si ce n'est que de m'occuper de ceux qui m'entourent le mieux possible...

mercredi 18 juin 2008

Les embûches de l'ange

Une amie m'a rappelée la fameuse blague que j'ai sur le bout de la langue depuis plusieurs jours. Depuis que j'ai décidé de ne pas acheter la maison, finalement.

Maintenant que cette amie me l'a remise en mémoire, j'ai réussi à la retrouver sur Internet. Voici :

Un jour, un village fut balayé par un raz-de-marée. Il y avait là un homme qui avait grimpé sur le toit de sa maison, en attendant les secours. Quand arriva la barque de l'équipe de sauvetage, il y avait déjà de l'eau jusqu'au toit. Les sauveteurs, qui eurent un mal fou à s'approcher de la maison, crièrent à l'homme de se dépêcher de monter dans le bateau. A quoi celui-ci se contenta de répliquer : " Non, non. C'est Dieu qui viendra à mon secours."

En attendant, les eaux continuaient à monter de plus en plus et l'homme dut grimper encore plus haut sur son toit. Bravant le courant et les turbulences, une autre équipe de secouristes parvint jusqu'à la maison et les sauveteurs firent une nouvelle tentative pour convaincre l'homme de monter dans la barque. L'homme s'obstinait toujours à répéter qu'il priait Dieu et qu'il était sûr qu'Il viendrait le sauver. Au bout d'un moment, l'eau finit par recouvrir le toit et l'homme se jucha sur le faîte; il n'y avait plus que sa tête qui dépassait des eaux.

Un hélicoptère arriva à la rescousse, juste au-dessus de lui. On lui lança une échelle de corde en l'incitant à monter au plus vite. Mais l'homme ne voulait rien savoir : il attendait toujours que Dieu vienne le sauver... Tant et si bien qu'il finit par disparaître sous les eaux et par périr noyé.

Arrivé au ciel, il alla se plaindre à Dieu en lui reprochant de n'avoir rien fait pour le sauver. A quoi Dieu répliqua : " Mais bien sûr que si ! Je t'ai envoyé deux barques et un hélicoptère."

Je ne crois pas en un Dieu tel que celui qui est personnifié dans cette blague. Mais j'ai vraiment le feeling que si j'avais acheté cette maison, je l'aurais regretté. Et avec la quantité d'embûches qui ont été mises devant moi, je n'aurais eu que moi-même à blâmer si tout avait mal tourné.

Je ne crois pas en Dieu, mais je commence à croire aux anges! Et il y en a peut-être un qui veille sur moi, là-haut. Un ange aux yeux bleus et brilllants, avec un sourire divin? :-)

mercredi 11 juin 2008

Message reçu

C'est terminé.

Ou plutôt, c'est le début. Le début de mon histoire de vie commune avec mon amoureux.

J'ai annulé mon offre sur la maison. Mauvais karma, aura négative, messages de l'univers, peu importe, tout s'unissait pour m'empêcher d'acheter cette maison.

Hier, j'ai appelé mon agent pour lui demander si la Régie du logement avait finalement entendu la cause. Il m'a répondu que le tout avait été remis à lundi prochain. Encore une fois. La goutte qui a fait déborder le vase. Trop, c'est trop.

C'est une Chantale un peu déprimée que mon chum a accueilli, hier. Une Chantale décontenancée, pas trop certaine de la suite des choses, mais certainement tannée de cette histoire sans fin dans laquelle elle s'était embarquée...

Mon amoureux m'a confié ses craintes, m'a fait part de ses espoirs. Nous avons discuté longtemps, fait des plans, trouvé des solutions. Et voilà. J'habite donc officiellement avec lui, à partir de maintenant.

J'ai appelé mon agent ce matin pour lui faire part de ma décision. Je lui ai dit que j'avais l'élastique long, mais qu'une fois cassé, il n'y avait plus de retour en arrière possible. C'est ok. On n'en fera pas un plat. J'espère sincèrement qu'il n'y aura pas de suite...

Ma notaire est avisée. Elle est soulagée, elle n'avait pas confiance. La banque est avisée et je n'aurai pas de pénalité à payer. Vidéotron ne me pénalisera pas non plus, parce que Steph a déjà les mêmes services que moi, et qu'ils ne considèrent pas que je brise mon contrat dans ce temps là. Bref, on dirait que tout se met en place pour faciliter ma décision de vivre avec Steph... Jusqu'à mon chien qui s'amuse à faire copain-copain avec mon chum, contre toute attente. :)

Bref, message reçu. Il était temps que je comprenne :-)

lundi 2 juin 2008

L'histoire sans fin

Ma bougonne n'est toujours pas sortie de la maison.

Elle devait sortir avant samedi dernier. Elle n'est pas sortie.

J'ai appelé mon agent pour savoir ce qui se passait. Il me dit qu'elle a trouvé un camion pour dimanche soir seulement.

Elle devait partir hier soir, elle n'est pas partie.

J'ai demandé à mon agent ce qui se passait. Nous nous sommes donnés rendez-vous à la maison à 8 h 15 ce matin.

Elle était en train de faire ses boîtes, ses sacs. Stéphane était avec moi. Elle disait que le camion s'en venait. Nous étions convaincus que c'était en train de se passer, ce déménagement.

J'ai convenu d'un nouveau rendez-vous avec ma notaire pour demain après-midi, 15 h. Et d'un autre avec mon agent ce soir, pour visiter la maison et m'assurer que tout est vide et pas trop endommagé avant la signature.

Tout ça est maintenant annulé. La dame s'est enfermée dans la maison et fait un siège. Elle ne veut plus sortir.

Selon l'entreprise de gestion à qui appartient la maison, ils auront le droit d'intervenir avec le huissier et la police mercredi matin, dès 7 h.

Last call. Après, c'est terminé. J'annule tout si elle n'est pas sortie...