jeudi 16 septembre 2010

Le métier de maçon (ou l'art de bâtir des murs)

Bâtir des murs ne s'apprend pas en un jour.  L'apprentissage commence habituellement à un jeune âge. Disons vers 5 ou 6 ans, à l'école. C'est à ce moment qu'on se bâtit un petit mur de papier mâché, fragile, qui résiste à peine aux attaques mesquines de nos « amis ». Petit mur sans envergure qui s'envole au moindre coup de vent, nous laissant sans défense devant la méchanceté.

À l'adolescence, déjà, on est en mesure d'appliquer un bouclier de carton pour nous protéger des tourbillons émotifs caractéristiques de cette période. Un bouclier qui s'effrite sous les larmes amères des défaites amoureuses, des injustices parentales, des blagues de mauvais goûts, des amitiés brisées... Bouclier qui nous semble parfois si peu devant les dragons qui nous entourent, si peu qu'on voudrait parfois le baisser et tout abandonner...

Puis on devient adulte. Et on se rappelle des trois petits cochons. Et c'est de la brique qu'on commence à poser autour de soi. Lentement... Un échec amoureux : une brique. Impossible de payer le loyer, la honte : une brique.  Un autre échec amoureux : une autre brique. Une trahison : une brique.  Et on se sert de ses larmes pour lier le ciment. Les larmes coulent, et coulent, et le mur monte... Tellement lentement qu'on se demande quand elles vont arrêter de tomber, ces larmes. On les a en travers de la gorge, les yeux rougis. Et un jour, le mur arrive aux genoux. Les coups bas ne nous font plus rien. C'est le calme plat émotif devant des mesquineries qui auraient fait s'envoler le papier mâché des jeunes années. Ça fait du bien.

Alors on continue! On veut arrêter de souffrir devant les gros combats!  Alors vaillamment, on se remet à la tâche. Les briques montent, et montent. Le mur arrive au niveau du cœur. Les trahisons, les amours perdues, les échecs amoureux, la mort, on n'en peut plus. On se protège le cœur au point de devenir méfiant, frileux, indifférent même... Jusqu'à ce qu'on trouve quelqu'un pour sauter par-dessus le mur et venir nous y retrouver du bon côté.

Et c'est à ce moment qu'on se dit : « Ça y est!  Je n'ai plus mal!  J'ai réussi!  Je suis heureuse! Les mesquineries ne m'atteignent plus, les coups bas et les coups aux ventre sont sinon déviés, à tout le moins amortis, et mon amoureux a su sauter par-dessus le mur de ma méfiance! Finies les batailles, la vie n'a qu'à bien se tenir devant mon mur de brique! »

Mais un mur de brique devant Mère Nature, ça ne vaut rien. Mère Nature s'infiltre dans les failles, peu importe notre expérience en tant que maçon. Insidieuse, elle vient nous bousiller le ventre, le cœur, les tripes. On résiste, tant bien que mal. On espère que le mur va tenir. On espère de tout notre être, mais le mur s'écroule.

On a perdu la bataille... On pleure. On essaie de se resaisir, mais à force de ruminer, on se rend compte que, pour rester forte devant certains combats, tout ce qu'il nous reste c'est non pas l'espoir, car les espoirs sont trop souvent déçus, mais plutôt la certitude. La certitude que la vie que nous menons est magnifique, que notre amoureux est sensationnel, que notre famille et nos amis sont merveilleux, que des projets délirants nous attendent. Il faut vivre avec les certitudes. Il faut être conscients, toujours, de ce qu'on a, plutôt que de pleurer sur ce qu'on n'a pas. C'est le seul moyen de se tenir debout et de rester souriants dans le difficile combat émotif et physique dans le but d'obtenir ce qu'on n'a pas.

Et de se répéter : « On va l'avoir ce bébé » n'est peut-être pas la bonne solution. Il faut se dire : « Quoi qu'il arrive, nous serons heureux, ensemble. »

mardi 2 mars 2010

L'imposteur... Encore ce sacré syndrome

La personne souffrant du syndrome de l’imposteur a du mal à s'attribuer les mérites de sa réussite : elle pense avoir réussi par sa seule « volonté besogneuse » ou par la chance, et non par son intelligence ou son talent. Elle pense du coup que tôt ou tard elle sera démasquée.
(Source : http://www.coachingavenue.com/2/view_news.php?id_news=386)
Il y a un mois, un ami sur Facebook a annoncé ceci dans son statut : Chargées et chargés de cours recherchés en multimédia.

En gros, la personne recherchée dirigerait, sous forme d’ateliers pratiques répartis sur 45 heures, les projets d’une dizaine d’étudiants de maîtrise dans le but de développer, chez ces derniers, une expertise dans un domaine spécifique des médias numériques et de faire comprendre les conditions d’arrimage des différentes expertises nécessaires aux réalisations collectives.

La personne recherchée devait posséder :
  • un diplôme de 2e cycle universitaire; Check!
  • de l’expérience d’enseignement; Check!
  • de l’expérience dans le domaine des médias numériques ou du multimédia. Check!
Intéressée, je laisse un commentaire à mon ami, lui demandant les dates exactes de disponibilité requise, car on parlait, dans l'offre, de la session d'été. Pas question de remettre en question mes vacances de juillet!

Une réponse me parvient du responsable du programme de communications. Ce dernier m'invite à lui laisser mon numéro de téléphone, car il aimerait m'appeler pour m'expliquer plus en détails le poste.  Je lui envoie.

Puis, plus de nouvelles.  Un peu soulagée, je me dis qu'ils ont déjà dû combler le poste. Et plus j'y pense, plus je me dis que, de toutes façons, je n'aurais pas fait l'affaire.

« De l'expérience en multimédias, ça veut dire quoi, au juste?  Est-ce que le fait de travailler depuis 15 ans dans l'univers du développement Web, comme chargée de projets, programmeuse, graphiste, productrice de contenus et j'en passe, peut permettre de considérer que j'ai de l'expérience dans le domaine des médias numériques?  Que cherchent-ils, au juste?  Et ce cours, est-il déjà monté?  Aurait-il fallu que je m'en tape le montage complet?  Ouf, non, ce n'est pas une perspective qui m'enchante particulièrement. Bien contente qu'il n'ait pas rappelé! »

Et bien il m'a appelée ce matin. Nous avons discuté quelques minutes au téléphone. Cette charge de cours est VRAIMENT intéressante. Il s'agit vraiment de superviser, d'un point de vue pratique, les travaux d'étudiants qui proviennent, pour la plupart, du marché du travail. Leurs problématiques sont concrètes et ancrées dans la réalité.  De plus, le responsable du programme donne le cours théorique complémentaire à ce cours pratique. Nous serions donc collaborateurs, complémentaires...  Donc, pas vraiment de cour à monter de mon côté. En plus, les dates conviennent parfaitement! Du 26 avril au 19 juin, tous les lundis soirs, ainsi que quatre samedis.

Ce serait l'occasion, pour moi, de me mettre les pieds dans l'Université. Qui sait, je pourrais peut-être gagner ma vie comme chargée de cour, éventuellement?... Finie la vie de bureau, le 8 à 4, le métro-boulot-dodo.

Mais les questions demeurent... Ai-je réellement les compétences requises pour être chargée de cour à la maîtrise???

Je dois donner ma réponse d'ici vendredi... Une partie de moi dit « Fonce!  Tu penses depuis des années à donner une charge de cours, fonce!  On te l'offre sur un plateau d'argent!!! »  Et l'autre partie rétorque « D'accord, mais tout d'un coup je me plante... »

Tout d'un coup je me plante?

jeudi 28 janvier 2010

Bogue dans l'écosystème

Depuis le début de l'hiver, j'ai recommencé à prendre l'autobus pour aller au travail. Je devenais de plus en plus tendue et agressive par mes voyages en voiture, matin et soir. Avoir attendu encore deux semaines avant de recommencer à prendre l'autobus, j'aurais sans aucun doute pu figurer aux nouvelles de 18 h, dans un cas de rage au volant.

J'en veux pour preuve la fois où j'ai klaxonné et gesticulé outrageusement (et envoyé un "Eille, claire-toi d'in jambes, au moins", la vitre baissée) envers un gars qui venait d'avoir un accrochage, parce que le pauvre s'était garé dans la voie où je circulais et qu'il se tenait bêtement debout dans l'autre voie, à deux mètres de son char, afin de constater les dégâts à sa voiture (bloquant ainsi les deux voies, vous l'aurez compris). Il faut dire que "le pauvre" en question était un sacrament de crosseur qui n'arrêtait pas de couper le monde par la droite pour avancer plus vite dans l'espèce de tapon qui tenait lieu de route à deux voies dans laquelle on roulait à 7km/heure... C'est pas drôle, ça m'enrage juste d'en parler!

Bref, je prend maintenant l'autobus. Un endroit zen, toujours chaud, où tout le monde dort, ou lit, ou écoute de la musique dans ses écouteurs. Un endroit où j'ai toujours une place assise (la 32 et la 132 pour la Rive-Sud, ça n'a rien à voir avec la 80 sur du Parc, mettons, côté quantité de monde). Un endroit où il fait bon, à partir de notre voie réservée, voir la file de voitures qui attendent leur tour pour embarquer sur le Pont Champlain et se dire que, beau temps mauvais temps, nous, on arrive pas mal toujours à la même heure... Awww, l'autobus...

Et bien hier, dans ce bon vieil autobus, j'ai eu la chance et le bonheur d'être assise juste en avant de la fille qui parle le plus fort au monde. Le plus fort au monde entier. Dans toute la galaxie. Dans l'univers intersidéral. C'est pas mêlant, je ne m'entendais plus penser. Elle était assise tout au fond de l'autobus, et lorsqu'on a débarqué par la porte d'en avant, on entendais encore distinctement tout ce qu'elle disait.

Alors on a beaucoup appris sur Haïti, la console Wii, le fait qu'elle n'avait pas eu le temps de prendre ses pauses, qu'elle dîne à 11 h 30, sur sa grand-mère atteinte d'Alzheimer qui se fâche quand on lui rappelle pour la troisième fois qu'elle doit aller se laver. Moi avec je me fâcherais si on me parlait aussi fort!!! Câline!!! Steph et moi (on était ensemble), on a même décidé d'un commun accord de ne pas se parler pendant le voyage. C'était peine perdue, elle parlait trop fort et il fallait nous-mêmes trop hausser la voie pour s'entendre.

N'empêche, c'est drôle pareil les gens qui n'ont aucune retenue comme ça. Et en plus elle parlait avec une petite madame qui avait, elle, une toute petite voix... Peut-être qu'elle était gênée par son interlocutrice...

Bref, j'espère que mon havre de paix n'est pas contaminé pour toujours. Car je dois dire que, dans la 32 et la 132, on voit pas mal toujours le même monde... Je vous en reparlerai! C'est tout un écosystème!

jeudi 21 janvier 2010

La mémoire du subconscient

Il y a plusieurs jours que je me sens maussade, stressée, voir même triste... C'est très étrange, car en réalité, tout va bien! Mon amoureux et moi filons toujours le parfait bonheur. Nous avons des plans pour deux super voyages, ainsi que des projets de rénovation mineurs et pas trop demandant... Au boulot, ça va bien, les projets sont intéressants et le monde pas trop chiant. Mes amis sont super, ma vie sociale et affective est à son top. Je ne suis même pas en SPM!

Hier, j'ai été voir ma massothérapeute, et même elle n'a pas réussi à m'enlever complètement le stress que je ressens en plein milieu du dos... Sans blague, je ne savais pas, jusqu'à ce matin, ce qui me mettait les nerfs en boule comme ça.

C'est en discutant avec une collègue de travail que ça m'a sauté en pleine face. Je passe une hystérosalpingographie aujourd'hui. C'est quoi, ça? Et bien c'est tout simple : c'est un examen qui sert à vérifier si mes trompes de fallope sont bien dégagées en vue de l'ovulation. La saga de la fertilisation recommence.

Pour tout dire, je croyais être emballée par cet examen, qui marquait le point de départ de nos nouveaux essais pour concevoir un mini nous. Depuis des jours, je me répète que je suis excitée d'enfin passer cet examen, une affaire de 15 minutes qui va peut-être me donner un peu mal au ventre, mais sans plus...

Alors pourquoi ai-je manqué pleurer en en parlant à ma collègue ce matin?

C'est simple : l'examen est associé à une échographie...

Mes dernières expériences en terme d'échographie se sont soldées par un curetage. Je crois que mon subconscient a peur d'une mauvaise nouvelle... Alors plus l'heure avance, et plus ma colonne vertébrale est raide.

Je dois y aller. Maintenant.

*** Edit 14h20 : tout va bien. Enfin un examen qui se passe bien! Ouf!!!***