De l'art de bien travailler
Les derniers mois au travail n'ont pas été de tout repos. Beaucoup d'attentes envers ma patronne (surtout!), mes collègues et moi-même, qui livrons la marchandise, tant bien que mal, avec ou sans erreur.
Des attentes accrues devant ce que nos clients internes qualifient "d'excellent travail". On aime ce qu'on fait, on voit des résultats, on en veut plus! Encore plus!
Lorsque j'ai accepté ce travail, j'ai clairement mentionné à celle qui est aujourd'hui ma (super!!!) patronne depuis plus de deux ans que ma vie personnelle était vraiment importante pour moi. Que j'étais prête à m'investir à 200% dans mon travail sur les heures normales, mais que je n'étais pas une fan d'heures supplémentaires, à moins qu'elles soient occasionnelles (ce qui arrive, bien sûr, et c'est normal). Je préférais le dire dès le départ. Mieux vaut être franc sur ces aspects, ne trouvez-vous pas?
Ma patronne a toujours respecté ce désir que j'avais de ne pas passer 12 heures par jour au travail. Et elle a toujours respecté celui de mes collègues, qui avaient exprimé ce même désir...
Ce qui fait qu'aujourd'hui, cette dernière est presqu'en burn out, car le surplus de travail qu'elle a pris sur ses épaules sans le redistribuer est en train de la tuer... Elle travaille effectivement 12 heures par jour depuis plus d'un an.
Il est certain qu'un réflexe très humain serait de lui offrir de prendre plus de dossiers... Mais en faisant celà, on cache le problème sous le tapis. L'employeur continue à recevoir la marchandise, et les membres de l'équipe deviennent de plus en plus fatiguées, écoeurées. Et la charge de travail continue d'augmenter, sans répit.
Alors au lieu de ça, on a une patronne complètement épuisée, pour trois professionnelles assez zen. Une patronne qui vient de décider qu'assez, c'est assez, et qui va mettre son pied à terre auprès de son patron à elle. Une patronne qui nous envie d'avoir le culot de refuser ces 4 heures de plus par jour, et qui aimerait bien avoir un patron aussi compréhensif et respectueux qu'elle.
J'ai l'impression que ça va brasser au travail dans les prochains jours. J'espère seulement que l'organisation comprendra le rôle essentiel joué par ma patronne dans la boîte, mais aussi qu'elle ne peut pas tout faire sans avoir les ressources pour le faire.
Et je suis assez fière de moi, en ce sens où je ne me sens (presque) pas coupable de refuser d'embarquer dans le cercle vicieux des heures supplémentaires sans fin. J'investie dans ma carrière en faisant celà : je m'assure de continuer à avoir une bonne santé mentale afin de mener à terme mes projets sans me ruiner la santé.


