jeudi 26 février 2009

D'accord, mais on fait quoi ?

Vous ne me trouverez pas très originale d'aborder ce sujet aujourd'hui... Sujet qui fait les manchettes depuis quelques jours, déjà. Non, je ne parle pas de la Caisse de dépôt, mais plutôt du phénomène d'intimidation.

Oui, c'est vrai, c'est innacceptable. Oui, il faut sensibiliser les enseignants, les directeurs d'école, les parents, à ce phénomène...

Mais en attendant que le changement de culture se produise, la petite qui subit, elle fait quoi, elle?

Elle fait quoi lorsque, assise dans l'autobus scolaire, elle se fait écraser les pieds par le compagnon de banc qu'on lui a assigné et qu'elle doit endurer, jour après jour ?

Elle fait quoi lorsque, après avoir demandé au chauffeur d'autobus de changer de banc et avoir expliqué pourquoi, elle voit sa demande ignorée et les coups redoubler ?

Elle fait quoi lorsque, affublée de bottes hideuses héritées de la cousine un peu plus vieille, elle est sujette aux moqueries de ses camarades, sans pouvoir rien y faire, car ce sont ses bottes, et elle doit les porter, malgré sa honte ?

Elle fait quoi lorsqu'elle se rend compte que tout son physique est prétexte à railleries et qu'un surnom méchant s'accole à elle, devenant peu à peu son nouveau nom, réducteur, méprisant ?

Elle fait quoi lorsque, même chez son meilleur ami, elle n'est pas à l'abri, car le petit frère de ce dernier a décidé d'imiter la masse et de la narguer ?

Elle fait quoi lorsque, essayant d'en parler, elle se fait dire que ce sont des niaiseries de jeunes et de simplement les ignorer ?

Que faut-il faire, à votre avis? En tant qu'enfant, comment réagir à tout ça? Délater? Comment, si personne n'est réceptif? Et même si quelqu'un écoute, même si un professeur ou un parent agit, comment éviter les représailles? Est-ce qu'un jeune peut se débrouiller tout seul pour s'en sortir??? Doit-il obligatoirement avoir l'appui des adultes pour améliorer sa situation?

Dans mon cas, un déménagement à fait le travail. Un déménagement, et la promesse faite à moi-même que plus jamais je ne me laisserais abuser par quelqu'un, promesse que j'ai tenue en usant à mon tour de violence avec un jeune qui avait voulu faire de moi une nouvelle victime dans la ville où j'étais déménagée. Le pauvre, ses pieds ne touchaient plus au sol lorsque je l'ai collé contre le mur, en le regardant droit dans les yeux, lui disant : "Toi, c'est la dernière fois que tu m'écoeures, compris?". J'avais 12 ans...

Il n'y a pas longtemps, j'ai entendu une chanson (récente) à la radio, et je n'arrive pas à me rappeler qui chantait. Vous pouvez peut-être m'aider. Le chanteur disait, grosso modo, qu'il s'excusait auprès d'une fille (dont il répète le nom à plusieurs reprises, mais je ne m'en rappelle plus) de toutes les railleries auxquelles elle avait dû faire face. Il s'excusait au nom de toutes les personnes qui l'avaient victimisée. J'ai fondu en larmes en écoutant cette chanson, dans laquelle le chanteur faisait preuve de beaucoup de repentir... J'aimerais beaucoup la réentendre...

EDITÉ*** Voici la chanson dont je parlais plus haut. Merci patate!!!

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Maryse

de Patrick Groulx



C'est l'fun enfin un post qui s'intéresse à l'individu qui vit quelque chose et au concret de sa situation plutôt que se gargariser avec des concepts psycho-pédago-légaux.

Chantale a dit…

MERCI!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

C'est exactement ça!!!

Christine a dit…

Quelle chanson magnifique! J'ai pris en note pour la faire écouter à l'école!

Chaque année, dans ma classe, je fais crier "Lâche-moi" à tous mes élèves, de toutes leurs forces. Ensuite, je demande à mes deux plus timides de crier la même chose ensemble, de toutes leurs forces. Puis, chacun leur tour, seul, il ou elle crie de toutes ses forces.

Le plus difficile, pour les enfants intimidés, c'est d'arriver à surmonter leurs peurs (se faire chicaner par le prof., se faire frapper, se faire agacer encore plus et surtout, leur peur de changer le rôle qu'ils sont habitués de jouer...).

Les adultes, dans les écoles, sont généralement fortement sensibilisés. Toutes sortes de sessions sont organisées pour aider les jeunes (films, jeux de rôles, etc.). Ce n'est pas suffisant. Les enfants aiment être "cool" et l'enfant intimidé ne fait généralement pas partie de cette catégorie.

Malheureusement, le plus gros pas doit souvent être fait par l'enfant lui-même, comme tu l'as fait et comme je l'ai fait (à Lafontaine, quand j'ai sacré une bonne taloche en pleine face d'un certain Stéphane!). Quand on finit par acquérir une certaine confiance en soi, les "méchants" le sentent et lâchent prise.

Quand on a des enfants, c'est ce qui nous fait le plus peur, qu'ils se fassent "achaler". Le mieux qu'on puisse faire est de leur donner le plus confiance possible en eux...

Bon, c'est un sujet qui me préoccupe et je pourrais m'y étendre pendant des pages! Y'a des raisons pour lesquelles on choisit son métier (coïncidence: j'en parlais justement sur le blogue de Luc l'autre jour!)et c'en est une.

Je t'embrasse, petite sist!
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Fel-X a dit…

Tout ce que je peux dire c'est que la solution n'est pas de dire à son enfant: "laisse-les faire, ils vont se tanner".

Ça, ça ne marche pas. C'est stupide à dire mais je crois que dans ce monde du laissé-à soi même, le seul moyen c'est de réagir quand ça nous arrive. Quand un adulte intervient, je pense que ça doit devenir encore pire.

Moi, comment j'ai arrêté de me faire écoeurer au primaire ? J'ai sacré une taloche à quelqu'un (qui m'a ensuite étranglé jusqu'à la cloche salvatrice de fin de récréation).

Comment j'ai arrêté de me faire écoeurer au secondaire ? J'ai sacré une taloche à quelqu'un (qui m'a ensuite fourni un chouette oeil au beurre noir). Étrangement, ce gars-là n'est plus jamais revenu, ni ses amis - même si c'est lui qui m'a sacré la volée. Et plus étrange encore, ceux qui me niaisaient et me poussaillaient dans mon cours ce sont unis pour aller dire au gars de me laisser tranquille (quand leurs interventions sur ma vie m'ont beaucoup plus marquées que celles de l'autre gars) ! À n'y rien comprendre...

Et lorsqu'un petit connard a re-tenté de me faire chier l'année d'après, je lui ai planté un compas dans le dos. Bon, un peu extrême, mais il n'a même jamais réessayé de rire de moi.

Je sais, ma mère disait "La violence engendre la violence" - mais je suis d'avis que c'est souvent la seule solution.

Christine a dit…

Je n'osais pas le dire, Félix!

Parce que nous autres prof., on passe notre temps à essayer de régler des conflits en essayant toutes sortes de techniques, sauf bien entendu: "Défends-toi, sacre-lui une bonne volée!" Mais avec mes enfants, par contre, c'est une autre histoire! Que ça reste entre vous et moi; je ne voudrais pas qu'on porte plainte contre moi à la commission scolaire!

Chantale, toi et moi, nous sommes au moins trois pour qui ça été le seul moyen d'arrêter les autres. (Trois sur trois)

Imaginez aujourd'hui ce qui passe quand le jeune arrive à la maison et que ça se poursuit à l'ordi....

Ça m'enrage.

Chantale a dit…

C'est fou quand je lis vos réponses, c'est exactement ce que je me disais. C'est comme si on n'avait pas le choix de combattre la violence par la violence...

L'idée est peut-être d'inculquer à nos enfants sufisamment de confiance en eux pour qu'ils ne jouent pas à la victime. Car l'intimidation, ça semble (toujours d'après vos/nos histoires) arrêter au moment où la victime refuse de jouer le rôle de victime plus longtemps.

Christine, ce que tu fais, en tant que prof, je toruve ça formidable. J'aurais tellement aimé avoir un prof comme toi à cet âge là!!!

Anonyme a dit…

Cette toune ressemble drôlement à ce que nous avons vécu à Chicoutimi...

Et dire qu'en plus j'en rajoutais sur ton dos, pauvre Chantale. :`-(


Claude,
ton grand frère qui t'aime